Qu’attend le Maroc de la visite royale aux USA ?

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Finalement, ce sera le 22 novembre courant que SM le Roi effectuera une visite officielle aux Etats Unis. Visite au cours de laquelle il sera reçu par le président américain, Barack Obama.

« La visite du Roi à Washington revêt une importance capitale dans le contexte politique actuel, déclare à menara.ma, le spécialiste des questions stratégiques, Abderrahmane Mekkaoui. Elle traduit d’abord la volonté des deux parties de renforcer leurs liens historiques à un moment où la région maghrébine, voire arabe et arabo-sahélienne connaît des situations d’instabilité et de turbulences qui ne permettent pas aux Américains de voir plus clair… Dans ce contexte, le Maroc apparaît donc comme une exception… »

Il faut dire que depuis un certain temps, on croyait que les relations maroco-américaines n’étaient plus bonnes comme par le passé. Les rapports du département d’Etat sur les droits de l’homme au Maroc, notamment au Sahara, de même que le rapport du centre Robert Kennedy sur les droits humains, l’année dernière ou encore plus récemment les déclarations du porte-parole du département d’Etat, le 2 octobre dernier et le 7 octobre lorsque le congrès américain s’est penché sur ce qu’il a appelé les violations des droits de l’Homme au Sahara, sont venus remettre en cause une certaine perception des relations bilatérales construites sur un socle jugé solide par les analystes.

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La position ferme du royaume

Dans son discours du 6 novembre 2013, à l’occasion de l’anniversaire de la Marche verte, SM le Roi a relevé cet aspect en des termes clairs : « Tous les Etats refusent d’être l’objet d’agissements attentatoires à leur sécurité et leur stabilité, d’autant plus que la violence, la subversion et l’intimidation des citoyens sont incompatibles avec les droits de l’Homme, et que l’exercice des libertés ne peut se faire que dans le respect de la loi. (…) il est, en revanche, regrettable que certains Etats s’inscrivent dans la démarche précitée, faisant sciemment abstraction des réalisations accomplies par notre pays, notamment dans le domaine des droits de l’Homme et des libertés.

Cette confusion et cette ambiguïté dans les positions rendent légitime cette interrogation : Y a-t-il une crise de confiance entre le Maroc et certains centres de décision chez ses partenaires stratégiques, concernant la question des droits de l’Homme dans nos provinces du sud ? »
 
La visite donc du Roi à Washington a pour objectif de clarifier les choses. Il sera donc surement question du Sahara, face à la propagande du Polisario. Rien qu’au début novembre, le chef du Polisario a dressé une correspondance au secrétaire d’Etat américain John Kerry qui avait annoncé une visite en Algérie et au Maroc avant de la reporter. « Nous lui avons demandé de convaincre les Marocains de libérer les dizaines de prisonniers sahraouis et réaliser une avancée dans le processus des négociations entre le Maroc et le Front Polisario pour le règlement de la question sahraouie conformément aux décisions internationales. »

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Les autres dimensions de la visite royale

La visite du Roi aux USA ne sera pas axée uniquement sur la question du Sahara. Il sera question des développements dans le monde arabe, que faire après le printemps arabe et quel mode de coopération pour contrer le terrorisme dans la région sahélo-saharien et surtout comment développer la coopération économique bilatérale. Dans ce sens, Abdelmalek Kettani, président du Conseil d’affaires maroco-américain a déclaré à menara.ma que “les échanges dépassent les 2 milliards de dollars, dont plus des deux tiers des exportations américaines. Les exportations marocaines ont augmenté de près de 50% depuis le début de la décennie, mais cela reste faible”, précise-t-il.

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Pour cet homme d’affaires, « le Maroc dispose d’une offre de produits compétitifs sur certains créneaux comme le textile habillement, la chaussure, l’agroalimentaire, les produits de la mer, le phosphate et ses dérivés. Mais, il faut développer une offre beaucoup plus intéressante. »
Cette visite royale, de l’avis de spécialistes, donnera un second souffle aux relations de coopération bilatérale entre Rabat et Washington.
 

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