La “Déclaration de Casablanca”, une feuille de route pour l’emploi

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“Déclaration de Casablanca” est une feuille de route pour développer notamment des politiques d’emploi adaptées au continent et stimuler la croissance.

Placé sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cet événement a réuni, deux jours durant, d’éminents intervenants nationaux et internationaux (près de 25 organisations d’employeurs africains), pour traiter de l’emploi et de l’employabilité en tant que leviers pour la promotion de l’investissement et de la création de richesse.

Organisée par la Commission Emploi et Affaires sociales de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) en partenariat avec l’Organisation internationale des Employeur (OIE) et le Bureau International du Travail (BIT), cette conférence a également été l’occasion pour mettre l’accent sur les leçons à tirer des expériences de stratégies sectorielles déjà réalisées, ainsi que le rôle que peuvent jouer les différentes parties prenantes (gouvernements, organisations patronales et syndicales) dans le développement économique et social du continent.

Lors d’une conférence de presse pour la présentation du rapport et des conclusions des travaux de ce Symposium, placé sous le thème “le développement des stratégies de création d’emplois dans les pays africains: le rôle des stratégies sectorielles”, le président de la Commission Emploi et Affaires sociales de la CGEM, M. Jamal Belahrach, a souligné que même si l’Afrique connaît un rythme de croissance très élevé, cela ne génère pas, hélas, d’emplois durables.

L’Afrique est un continent jeune en pleine transition démographique laquelle offre, pour les années à venir, une véritable chance de transformer ce dividende démographique en croissance et richesse économiques, a-t-il poursuivi, notant que la population africaine en âge de travailler qui s’élève à 200 millions risque de devenir, faute d’alternatives en matière d’emploi, un réel problème, voire même “une bombe sociale à retardement”.

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Sur les 73 millions d’emplois crées dans le continent noir, seuls 16 millions étaient destinées pour les jeunes, relève en outre M. Belahrach qui a insisté sur l’importance de mettre en place des stratégies sectorielles adaptées, à même d’encourager l’investissement et par conséquent la création d’emploi, pour faire face à un chômage devenu structurel. De son côté, le conseiller principal pour l’Afrique au sein de l’OIE, M. Frederick Muia a lancé un appel aux gouvernements pour améliorer l’environnement des affaires dans leurs pays afin qu’il devient plus transparent et clair et donc propice, non seulement pour les investisseurs étrangers mais également africains.

En effet, le développement et la mise en œuvre de stratégies sectorielles requiert un certain nombre d’éléments dont, entre autres, l’identification de sous-secteurs intensifs en emploi, un environnement favorable pour lever les contraintes à la croissance et les difficultés d’accès au financement, des infrastructures adéquates outre l’élimination de la bureaucratie et la corruption qui augmentent le coût des affaires et limite la croissance et l’investissement, a-t-il expliqué.

Il faut aussi penser à créer des synergies entre les PME/PMI africaines et les grandes multinationales qui investissent dans le continent, notamment dans les secteurs des mines, de manière à contribuer au développement des PME, à travers la sous-traitance, a-t-il suggéré.

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Rôle essentiel du secteur privé

Par ailleurs, M. Muia n’a pas manqué de soulever le problème de “l’informalisation” grandissante des économies africaines, mettant en exergue l’importance de donner à l’économie informelle l’opportunité de migrer vers le secteur formel pour créer, éventuellement, des emplois productifs.

En vertu de la “Déclaration de Casablanca”, les représentants d’organisations patronales membres de Business Africa et de l’OIE, en présence des représentants du BIT, reconnaissent le rôle essentiel du secteur privé comme moteur de croissance et de création d’emplois productifs dans le développement économique et social des pays, ainsi le rôle primordial joué par les organisations patronales, identifiées comme la voix du secteur privé, dans le dialogue social et la recherche d’une vision commune concertée.

L’emploi étant devenu le sujet du siècle, il concerne à la fois les gouvernements et les organisations d’employeurs et syndicales. Ainsi, dans le cadre de cette Déclaration, qui tient compte des potentialités et atouts dont dispose le continent noir, mais également les défis importants qu’il doit relever, les Gouvernements africains sont appelés notamment à développer un dialogue direct et pérenne avec les différents partenaires économiques et sociaux, favoriser le partenariat public/privé, adopter les législations aux évolutions du monde de travail et des typologies des économies et investir dans les secteurs porteurs d’avenir tels que les technologies de l’information et de la communication.

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Pour leur part, les organisations d’employeurs sont exhortées de favoriser l’expression des besoins futurs des entreprises en compétences (qualité et quantité) et l’intégration des jeunes dans le marché du travail à travers le développement des stages en entreprises, d’accompagner la structuration des PME et TPE, développer le civisme fiscal en vue de doter les Etats de plus en plus de moyens financiers afin de mieux agir et mobiliser les entreprises africaines autour de la problématique de la croissance, la productivité et l’emploi des jeunes .

S’agissant des organisations syndicales, ces dernières sont appelées à promouvoir, entre autres, un dialogue social direct, efficace et durable en vue de créer un climat de confiance avec les opérateurs économiques, développer une vision globale commune basée sur le principe que l’entreprise est créatrice de richesses et d’emplois et d’être un acteur à part entière dans les stratégies sectorielles et des politiques de l’emploi.

Afin d’assurer le suivi de cette Déclaration, les participants au Symposium de Casablanca ont décidé de lancer une taskforce (force opérationnelle, une forme d’organisation temporaire créée pour exécuter une tâche ou activité donnée) des employeurs africains sur l’emploi et l’employabilité. Ils ont élaboré des plans d’action au niveau sous régional et national afin de les opérationnaliser.

 

 

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