Darija à l’école, vrai ou faux débat ?

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« Je ne débattrai plus du thème de la darija à l’école. J’ai fais une proposition qui a été parfois mal comprise, mal interprétée. Mais j’ai la conscience tranquille du moment que le débat a été lancé».

 

Cette phrase lâchée jeudi 28 novembre 2013 par le publicitaire Noureddine Ayouch le lendemain de son débat télévisé le professeur Abdellah El Aroui, dans le cadre de l’émission Moubacharatan Maakoum sur 2M, clôt certes un volet du débat sur l’enseignement et au delà sur la place de la darija, mais ne met pas pour autant un terme à la polémique suscitée par la proposition consistant en l’enseignement de la darija dans les écoles primaires.

 

Abdelbari Zemzemi, prédicateur et parlementaire souligne de prime abord que parfois « certains font des propositions uniquement pour faire parler d’eux. Mais le plus grave c’est que la proposition d’enseigner la darija et le parallèle fait entre la langue arabe et le coran sont de nature à perturber les Marocains. Quel est le crime commis par la langue arabe  au point que l’on cherche à s’en débarrasser de la sorte ? Oublie-t-on qu’il s’agit de la langue du Coran ? »

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Quand on pose la question à M. Zemzmi sur le fait que Noureddine Ayouch a précisé en des termes clairs que le Coran est sacré mais la langue arabe ne l’est pas et donc rien n’oblige à ce qu’on la maintienne comme langue supérieure aux autres, le fkih connu pour ses prêches à polémique souligne qu’il s’agit là uniquement d’une manière de contourner le débat et de dire que la proposition ne vise pas les fondamentaux de la nation que sont entre autres la religion et la langue.

 

Questions secondaires

 

L’avis de M. Zemzemi est largement partagé. Des écrivains sortent de leur silence pour « dénoncer » ce qu’ils appellent une tentative de nuire à la langue arabe, un paramètre constitutif de l’identité nationale, comme c’est le cas pour Salah Bousrif ou Ahmed El Madini. 

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Contacté en début de semaine, par menara.ma, Larbi Habchi dirigeant de la Fédération démocratique du travail relève quanta lui que « ce débat est biaisé. Le problème de l’enseignement n’est pas celui de la langue arabe ou l’amazigh. Il résidé plutôt dans le manque de moyens pour assurer un enseignement de qualité dans des conditions valables. Aujourd’hui, au moment où je vous parle, il y a des écoles qui n’ont pas encore tous les instituteurs qu’il faut, il y a des classes inaccessibles parce que la seule route les reliant au village est coupée et j’en passe. Au lieu de perdre notre temps dans des questions secondaires, on doit d’abord penser aux enfants de villages reculés dans le Moyen Atlas comme Anefgou où aller à l’école est un luxe… »

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Des enseignants appartenant au Syndicat national de l’enseignement, relevant de la CDT et que menara.ma a rencontrés  en marge du congrès de la centrale, dimanche 1er décembre 2013, tiennent plutôt à souligner que le débat sur la langue d’enseignement participe d’une problématique générale, celle qui a pour thème quel enseignement voulons-nous ? « Mais il ne faut pas noyer le poisson, il y a des priorités à hiérarchiser et l’initiative de M. Ayouche est louable en ce sens qu’elle a ouvert un débat public sur les maux de notre école », souligne l’un d’eux.

 

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