Cancer : importantes avancées en matière de traitement

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La célébration vendredi 22 novembre la Journée nationale contre le cancer, une journée décrétée depuis l’année 2007, sous l’impulsion de la Fondation Lalla Salma de lutte contre le cancer (ALSC) et le ministère de la santé, est une occasion pour sensibiliser à l’importance indéniable du diagnostic précoce, mais également de dresser le bilan des moyens mis-à-disposition pour traiter cette pathologie.

“Il n’en demeure pas moins que la prise en charge de cette maladie s’est beaucoup améliorée depuis les années 80”, a estimé Habib Faouzi, cancérologue au Centre d’oncologie Al-Azhar.

Importantes avancées dans le traitement

Dans un entretien accordé à la MAP, Dr Faouzi, qui préside la Fédération des centres d’oncologie privés, a relevé que le Maroc “a réalisé d’importantes avancées dans le domaine du traitement du cancer”.

“Le nombre des centres ne cesse d’augmenter. Avec 19 centres d’oncologie au Maroc, la carte sanitaire a beaucoup changé”, s’est félicité le cancérologue, qui a donné un aperçu du développement des traitements de cancer au Maroc, depuis la création du centre Bergonié à Casablanca (1929) à nos jours.

Pour cet ancien médecin à l’institut Curie en France, “il y a une humanisation de la cancérologie dans les années 90”. En effet, la maladie n’est plus considérée comme une fatalité et il y a bel et bien un remède efficace à condition de la dépister dans les premiers stades.

“D’importants progrès ont été réalisés au Maroc, qui ne comptait à une époque qu’un seul centre (centre Bergonié ou “Pavillon 40″). En 2005, le Maroc était doté de 3 centres de traitement privés et 2 publics”, a rappelé ce spécialiste diplômé de la Faculté de médecine de Paris.

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Le rôle de l’ALSC

Selon lui, “la donne a changé en 2005, avec l’avènement de l’ALSC”, qui a “outillé, les hôpitaux publics et des établissements privés”.

“En huit ans grâce à l’ALSC on est passé de cinq centres à 10 privés et 9 dans le public dotés de matériel de pointe (…) aujourd’hui le Maroc fait dans la grande vitesse”, a relevé cet expert en radiothérapie, soulignant l’apport indéniable de l’ALSC en matière de lutte contre le cancer.

Abondant dans ce sens, Dr Latifa Belakhel, chef de Service de la Prévention et du Contrôle du Cancer à la Direction de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies, a fait état d’importantes avancées en matière de lutte contre le cancer, une maladie à un coût de prise en charge très élevé, dans un pays ou plus des deux tiers de la population n’ont aucune couverture médicale.

Avant 2006, les deux tiers des cas de cancer arrivaient à l’Institut National d’Oncologie de Rabat dans un stade tardif, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. D’ailleurs les délais d’attente pour bénéficier d’un traitement ont été réduits significativement, a-t-elle fait savoir.

Le Plan national de prévention et de contrôle du Cancer (PNPCC)

Une amélioration imputée directement aux différents programmes engagés en matière de lutte contre le cancer, dont le Plan national de prévention et de contrôle du Cancer (PNPCC), lancé sous l’impulsion de SAR la Princesse Lalla Salma, Présidente de l’ALSC.

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Officiellement lancé le 24 mars 2010, ce plan ambitionne de réduire la morbidité et la mortalité imputables au cancer et d’améliorer la qualité de vie des patients et de leurs proches, en ciblant aussi bien la prévention que la détection précoce, la prise en charge diagnostique et thérapeutique et les soins palliatifs.

D’ailleurs, un important budget a été alloué à la lutte contre le cancer et qui avoisine les 300 millions de dirhams, dont 240 millions assurés par l’ALSC et 60 par le ministère de la santé. Le Maroc s’est aussi engagé dans des programmes “permanents” de dépistage et de détection des cancers au niveau des structures du ministère de la santé, et ce, dans l’objectif d’améliorer les chances de survie à cette maladie grâce au diagnostic précoce.

Selon les chiffres fournis par les Registres des cancers de la Région du Grand Casablanca et de Rabat, les principales localisations cancéreuses chez l’homme sont les cancers du poumon (22,1%) suivi du cancer de la prostate (10,5%) puis les cancers colorectaux (7,2%), le cancer de la vessie est classé quatrième (7%) et les lymphomes viennent en cinquième position (6,6%).

Chez la femme les cancers gynéco mammaires représentent à eux seuls plus de la moitié des cancers de la femme (56,3%), avec en première position le cancer du sein (34,4%) suivi du cancer du col de l’utérus (13,3%) puis le cancer de la thyroïde vient en troisième position (6,5%), le cancer colorectal (5%) et le cancer de l’ovaire en cinquième position (4,7%).

Le cancer de l’enfant représente 3% de tous les cancers colligés avec une incidence brute de 12,7/ 100 000 enfants/ an. Selon le sexe, le garçon est le plus touché par le cancer (56,2% des cas). D’après l’oncologue Abdelhak Ouhajjou, “le risque de développer les cancers” est en constante augmentation en raison d’un “vieillissement de la population”. Ce constat renforce l’importance de la prévention précoce et du dépistage systématique à partir de 40 ans, car, a-t-il indiqué, “un cancer localement avancé coûte 10 fois plus cher que s’il était diagnostiqué tôt”.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le cancer est une cause majeure de décès dans le monde à l’origine de 7,6 millions de décès en 2008, soit près de 13% de la mortalité mondiale.

Plus de 70 pc des décès par cancer surviennent dans les pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire, et d’après les projections, l’incidence de cette pathologie devrait augmenter pour dépasser 13,1 millions de cas en 2030 à l’échelle mondiale.

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