Allégations algériennes: des politiques et intellectuels réagissent

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Samedi 14 décembre, à Tlemcen, le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, a porté de graves accusations contre le Maroc. Pour lui, « l’Etat marocain encourage la production de la drogue. Laquelle inonde l’Algérie dans le but d’attenter à sa stabilité » ou encore « les trafiquants de la drogue fournie à partir du Maroc sont en lien avec les organisations terroristes au Sahel, AQMI en particulier… » Des accusations qui n’ont pas manqué de susciter de vives réactions au Maroc.

 

Pour Ahmed Salem Latafi, dirigeant du PPS, contacté par menara.ma, les déclarations de M. Sellal sont pour le moins irresponsables. Aucun chef de gouvernement ne peut accuser ouvertement un Etat de faire dans le trafic de drogue. Tout le monde sait que le Maroc contribue efficacement à la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. La France et les USA notamment ont recours au Maroc pour cela. Sauf l’Algérie qui veut faire imputer au Maroc tous les problèmes de la région, précise M. Latafi.

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L’avis de M. Latafi rejoint les déclarations faites samedi soir sur la chaine Al Jazeera par Khalid Naciri, ancien ministre de la communication et membre du bureau politique du même parti, le PPS. M. Naciri est allé même trop loin en qualifiant « d’indignes » les propos du chef du gouvernement algérien insistant par la même occasion sur la disponibilité de toujours du Maroc à normaliser ses rapports avec l’Algérie dans un cadre de respect mutuel et de partenariat win win.

 

Le professeur Khalid Chegraoui, de l’institut des études africaines à Rabat relève dans une déclaration que nous avons recueillie que « les accusations algériennes tombent sous le sens. Ce n’est pas par chauvinisme que nous nous inscrivons en faux contre de telles affirmations. Mais parce que cela ces déclarations ne tiennent pas la route. Le Maroc est un producteur de cannabis, c’est un fait reconnu officiellement mais que les pouvoirs publics en coopération avec l’Union européenne tentent d’éradiquer. Mais de là à dire que l’Etat marocain l’encourage et encourage l’extraction du haschich pour inonder l’Algérie, cela dépasse l’entendement… »

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Sécuriser les frontières

 

Quant au financement du terrorisme avec l’argent de la drogue marocaine, M. Chegraoui souligne que le trafic illicite peut financer tout. Mais le Maroc a toujours appelé l’Algérie à coopérer pour combattre ensemble les réseaux de trafic de drogue, d’armes et d’êtres humains. Pourquoi les Algériens refusent une telle coopération qui passe forcément par sécuriser les frontières communes.

Les frontières, le mot est lâché. Et pour le politologue Mustapha Sehimi, au lieu de s’attaquer au Maroc, le Premier ministre algérien aurait dû depuis un certain temps déjà adopté un plan pour sécuriser ses frontières avec le Maroc. « Une partie de l’argent dépensé dans l’achat d’armement en tous genres aurait servi à rendre les frontières algéro-marocaines hermétiques et le problème de trafic de drogue avec le Maroc ne se serait pas posé », ironise-t-il.

 

Il est vrai que le gouvernement marocain n’a pas répliqué aux déclarations du chef du gouvernement algérien. « Le Maroc ne joue pas l’escalade, il essaie toujours de temporiser. Les Algériens en veulent au gouvernement parce que disent-ils la justice a été clémente à l’égard du jeune qui a déchiré le drapeau algérien du consulat d’Alger à Casablanca. Alors qu’il a été condamné à deux mois de prison avec sursis. En même temps, aucune poursuite n’a été engagée contre les Algériens qui ont brûlé le drapeau marocain à Alger… Mais cela n’est qu’un prétexte. La véritable raison est le succès diplomatique du Maroc au Sahel notamment. Le discours du Roi à Bamako où il a fait quelques critiques vis-à-vis de l’Algérie a irrité les Algériens au plus haut point », déclare à menara un ancien dirigeant de l’USFP…  

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